mercredi 26 septembre 2018

LE SANCTUAIRE



Sortie octobre 2018
Ce 17 e roman écrit à deux est aussi le 6 e de la série "Leonetti".

dimanche 26 août 2018


Page 43


Le 5e volume des aventures de Leonetti est enfin sorti.
Comme d'habitude, le lecteur est invité à voyager. Et ici, autour de Toulon et du Var, mais aussi dans le Sud-Ouest, l'Afrique, le Groenland, les pays Baltes.
Il y est question de la persistance de groupes discrets et paisibles attachés à maintenir la tradition du Catharisme et de nostalgiques du cercle de Thulé, ceux-là beaucoup plus inquiétants.
Les premiers lecteurs situent "Page 43" dans le droit fil de "Stavros" et du "Petit bal perdu", pour les qualités dans l'écriture et, surtout, la construction du récit.
Je les en remercie.
Puisse-t-il, encore une fois, procurer autant de plaisir aux nouveaux lecteurs que j'en ai eu à l'écrire.

mercredi 21 mars 2018


MES LIVRES : Polars, Fantastique, Nouvelles & Romans Classiques


« Un récit doit distraire aussi celui qui l'écrit » Stephen King



LE LIVRE PERDU

Mon premier polar publié.
Les aventures du libraire seynois, André Padano, d'origine piémontaise comme une bonne partie de la population de La Seyne. C'est la lecture d'un roman d'Amin Maalouf qui m'a donné l'idée du livre mystérieux. Après, il me fallait trouver un livre qui me permette de jongler entre une intrigue de thriller classique et des références à la littérature fantastique dont je suis friand. Le « Necronomicon » s'est imposé à moi comme une évidence, avec l'imaginaire original de Lovecraft et les prolongements politiques qui l'accompagnent confusément. Après, le voyage des côtes varoises vers Rhodes et Patmos, constituait une sorte d'itinéraire initiatique pour le libraire et métaphorique pour moi, le lien entre mes deux racines, le Var et le Dodécanèse.
EXTRAIT :
J’étais surexcité à l’idée de tout ce que pourrait me permettre cette transaction. Mon imagination s’est mise à battre la campagne. Mon enthousiasme se refroidit, lorsque j’aperçus, dans le rétroviseur, la silhouette d’une BMW noire. J’étais suivi. Car maintenant, j’en avais la certitude. On me suivait. Et je savais désormais pourquoi. Mais dans le même temps, je songeais à Lasserre et à sa femme. J’étais partagé entre l’excitation consécutive à la visite chez Larrier et l’angoisse à l’idée des risques que je courais. Ces gens-là étaient prêts à tout.
Ainsi, en quelques jours, je sentais que ma vie basculait. Mais j’ignorais alors que je ne faisais que mes premiers pas dans un autre univers.

Editions Terres GasteS
Numéro ISBN : 978-2-35897-136-2
10 €


A chaque salon, je dois présenter des excuses aux lecteurs. En effet, en procédant à la réédition de ce roman, j'ai choisi, pour la couverture, une photo qui évoque clairement la Grèce, une photo de Santorin. Or l'intrigue, dans la seconde partie du récit, n'emmène pas le héros dans l'île volcanique, mais plus à l'Est, dans le Dodécannèse, à Rhodes, Simi et Patmos, l'île de "L'Apocalypse".
Et j'ajoute que j'évoque Santorin, mais dans un autre livre, une nouvelle de "Out of the blue".


L'AUBE DOREE

Je retrouve le libraire André Padano, toujours à La Seyne, mais dans un autre quartier. Comme pour le Livre Perdu, c'est l'occasion, pour moi, de parler de ma ville, victime des gestions municipales successives. Mais, là aussi, l'intrigue finit par tourner autour de livres, alors qu'elle commence sur la découverte macabre de corps carbonisés dans la campagne varoise. A travers les dérives de la « Golden Dawn », les références à la littérature fantastique nous renvoient à l'œuvre de Bram Stoker, « Dracula ». Néanmoins, comme dans le Livre Perdu, le dénouement demeure dans les limites réalistes du thriller classique.
EXTRAIT :
– Il me semble bien que c’est une femme.
– Tu penses ?
– A première vue, la taille. Et pas seulement …
– Les vêtements ont dû brûler complètement.
– Je crois que des vêtements, il n’y en avait pas.
– A première vue. Mais ça a pu totalement brûler.
– Un règlement de compte ?
– Sans doute une fille liquidée par son mac …
– Ou un crime sexuel. Le corps nu. Un maniaque …
– Bah, on saura plus avec les médicos. Pour le moment, scène de crime, il faut préserver le périmètre, le temps que l’équipe arrive.
Ils firent quelques pas en avant sur le sentier. Derrière eux, en contrebas, le bruit d’un moteur de 4L qui calait au démarrage.
L’un des gendarmes  sourit.
– Doit être secoué cet homme.
– On le serait à moins. En voyant ça.
Devant eux une sorte de tronc d’arbre noirci, avec une tête, deux bras, deux jambes. »

Je me dois d'avouer que l'évolution de la politique en Grèce, l'émergence du parti "Krisi Avgi", "l'Aube Dorée", me vaut bon nombre de questions des lecteurs, autant dans les salons que par le biais des mails. Je leur réponds que, entre ce mouvement et mon roman, l'allusion au nazisme est évidente. Mais cela s'arrête là. Le roman est, je pense, suffisamment explicite. Il faut, toutefois, observer que le nom adopté par ce parti ne fait que confirmer les dérives de la Golden Dawn qui n'a, désormais, plus grand chose à voir avec l'idéologie de ses fondateurs et des écrivains qui y avaient adhéré.

ISBN : 978235972185
Editions TerreS GasteS
10 €

Vampirisme et vampirologie


J’observe, non sans surprise, qu’avec de nouveaux lecteurs, comme « Matriochka », « L’aube dorée » suscite un intérêt renouvelé.
Il me faut donc revenir sur la genèse de ce texte.
Tout d’abord, le fantastique est l’un des registres dans lequel j’écris. Je lui ai consacré trois nouvelles de mon recueil « D’ici et d’ailleurs ».
Et j’avoue une certaine prédilection pour un genre longtemps regardé avec mépris et suspicion.
Dans le fantastique et l’épouvante, le vampirisme occupe une place de choix. Or, il subit, aujourd’hui, un traitement qui privilégie le fatras « gore » et escamote la métaphore et le symbole fort.
Le vampirisme n’est rien d’autre qu’un avatar du mythe de l’immortalité qui élargit à l’infini le champ de la connaissance. Mais ce choix de « vie » ne va pas sans un prix à payer : la perte de l’humanité.
Cette symbolique est largement illustrée dans l’œuvre de l’irlandais Bram Stoker qui reprend le mythe autour d’un personnage qui a une réalité historique, Vlad Tepes , l’« empaleur ». Il illustre de manière magistrale, dans un roman épistolaire, devenu une œuvre classique à plus d’un titre, les différentes facettes du mythe, l’érotisme, la dimension politique, la réflexion métaphysique. Ainsi, la perversion sexuelle, à travers séduction et possession, l’aristocratie prédatrice et sa mainmise sur les classes inférieures, l’immortalité et le pouvoir intellectuel et physique qui l’accompagne.
De manière éparse mais significative, ces thèmes apparaissaient chez les Romantiques, comme Shéridan le Fanu dont le « Carmilla » a certainement inspiré son compatriote de Dublin, puis chez le belge Jean Ray.
Au cinéma, après le « Nosfératu » de Murnau, les films de Tod Browning et ceux de la Hammer où le comte prit les traits de Bela Lugosi et de Christopher Lee, je ne vois guère que le film de John Badham et le parodique et génial « Bal des vampires » de Polansky pour rendre compte correctement des nuances du mythe et de sa richesse.
Les romans de Anne Rice, malgré leurs qualités, n’illustrent pas tous les aspects du mythe.
De fait, lorsque j’ai commencé à écrire, je me suis amusé à composer deux textes particuliers sur ce thème fascinant.
J’ai d’abord imaginé une sorte de confession où le comte explique les circonstances  qui l’ont amené à choisir cette voie. J’ai construit ce texte sous la forme de « Fragments », texte épars, incomplet, afin de lui donner l’apparence d’un oeuvre mystérieuse, inquiétante qui aurait survécu difficilement au temps et à des vicissitudes diverses.
J’ai aussi construit un récit attribué à un médecin des Hospices Royaux, où il relate les circonstances étranges qui ont accompagné l’épidémie de peste à Marseille, au début du XVIII e siècle.
Et j’ai glissé un lien entre ces « Mémoires » et les « Fragments ».
Vampirisme et peste ? Rien d’étonnant, du reste. Cette peur du mort qui revient a pris une dimension particulière lors des épidémies. Ainsi, la découverte dans les maisons de malades à l’agonie et la rencontre quelques jours après des mêmes malades, circulant, hagards, ne pouvait que frapper les imaginations et susciter la terreur.
A cela il faut ajouter la porphyrie. Cette maladie étrange dont les signes apparents sont, entre autres, le teint blafard et les yeux injectés de sang, a stimulé l'imagination de ceux qui n'avaient pas les moyens de disposer d'un regard scientifique.
Ces deux textes, j’ai voulu les exploiter dans un roman, construire une œuvre complète autour d’eux, comme je l’avais fait pour le récit de Dolphin, qui prend une place logique dans le roman fantastique « La cité au bord de la mer ».
J’ai donc retrouvé le libraire André Padano, qui s’interroge sur l’authenticité des deux textes au moment où il les découvre. Mais le lien allait m’être offert par l’auteur de Dracula lui-même, qui avait participé d’une certaine manière, aux activités du groupe ésotérique de la « Golden dawn », l’« Aube dorée ». Les dérives de certains membres du groupe dans les années 30 vers le Satanisme et le Nazisme, coïncidaient parfaitement avec mon scénario.
Quant au Nazisme, nul n’ignore l’importance de l’irrationnel dans son idéologie.
Et pour la métaphore du peuple prédateur et de la population qui lui sert de nourriture, il suffit de se rappeler des fantasmes de la « Race supérieure » et de son action destructrice sur les « peuples inférieurs ».
Il me suffisait, ensuite, d’inscrire mon histoire dans la réalité politique du moment, le Var et, surtout La Seyne, avec la spéculation immobilière, pour conserver à l’ensemble les caractéristiques du polar traditionnel.
A ceux qui s’étonnaient de cette circulation entre le fantastique littéraire et le réalisme du polar, je répondais que, Grangé et Vargas le faisaient bien, dans un cadre, il est vrai qui est celui du thriller. Au contraire, mes intrigues, que ce soit pour ce roman ou pour celui qui le précède, « Le livre perdu », demeurent dans les limites du réalisme et de la vraisemblance.
Ce mélange des genres, je rappelle que c’est une tendance du roman et du cinéma de notre époque. Que l’on songe en particulier au film de Kenneth Branagh , « Dead again », qui mêle l’énigme policière et le surnaturel de la métempsycose, « Shuter Island », où le surnaturel est expliqué par le trouble psychologique. Du reste, Woody Allen s’est amusé en parodiant ce thème dans son film « Scoop » où Scarlett Johanssonaidée par un revenant, est opposée au tueur en série Hugh Jackman.
Alors, peut s’expliquer le succès de « L’aube dorée » qui glisse de sérieuses allusions au roman fantastique, tout en décrivant les circonstances plausibles d’une enquête criminelle dans le Var des années 2000. 


LA CITE AU BORD DE LA MER


Dans les années 80, avec l'association « Place de La Lune » de Patrick MartinenqPatrick Gabrielli avait réalisé une belle exposition de tableaux à l'encre de chine « Sicié terre d'inquiétude ». Dans les paysages de Fabrégas et du Cap Sicié, il introduisait les créatures étranges et inquiétantes de la mythologie de H. P. Lovecraft. Ainsi, il transfigurait un décor, déjà naturellement extraordinaire. Et j'y voyais une volonté de donner de La Seyne, à travers un de ses quartiers exceptionnels, une image moins banale, le lieu de l'imaginaire et des symboles.
Cette exposition m'a inspiré le thème de « La cité au bord de la mer », récit fantastique, récit d'épouvante, à travers lequel sont exploitées les vieilles légendes de ce coin de Provence, mais revisitées et complétées par l'irruption de la mythologie de Lovecraft.
Patrick Gabrielli a assisté à la gestation de ce livre. Il a même composé une bonne trentaine de pages. Mais tout le reste est aussi le fruit de longues discussions, d'échanges que nous avons eus sur notre centre d'intérêt commun, les complexités de la littérature fantastique.
   Le regard porté sur le passé par la jeune Sondra bouleverse tota-lement l'image et l'histoire de La Seyne. Le récit tourne, alors, autour de l'évolution des rapports entre La Seyne et la mer.
EXTRAIT :
« Sondra a écouté attentivement. Mais comme dans un rêve. Légataire universelle...Mais l’oncle Jean, comment pouvait-il être aussi riche ? C’était la brebis galeuse de la famille. Depuis longtemps, la mère de Sondra ne l’invitait plus. « Toujours mal rasé, mal habillé. En pleine rue, un étranger lui donnerait la pièce. Et quand il vient à la maison, on dirait que c’est lui qui nous fait l’honneur de sa présence... » et, à voix plus basse, Mme Rossi ajoutait : « Et puis on ne sait pas comment il vit. Des petits trafics, des choses pas nettes, à ce qu’on dit... » Et le père approuvait : quand on est fonctionnaire aux contributions d’état, on ne peut se permettre de fréquenter n’importe qui. Et le reste de la famille qui faisait chorus. Il n’en fallait pas plus pour que, très tôt, la petite Sondra se prenne de sympathie pour cet oncle éloigné, aux petits yeux pleins de malice. »
Editions Points de Vue 2006
20 €



D'ICI ET D'AILLEURS

Dans ce recueil de nouvelles, j'ai souhaité rassembler des textes correspondant à mes trois centres d'intérêt, le polar, le fantastique, le récit intimiste.
Un romancier californien dans les montagnes forestières de l'ouest américain, une troupe de soldats grecs dans la campagne au XIXe siècle, un personnage fasciné par la mer au large du Brusc, à Six-Fours, un vampire autrichien atypique,  un jeune homme régénéré par une randonnée en montagne. Et quelques autres …
EXTRAIT :
« Autour des quatorze heures, Christine nageait à une vingtaine de mètres du bord. Marcel était plus près du rivage. Il circulait tranquillement sous l'eau qui n'était pas très profonde, deux mètres tout au plus.
Soudain, il eut l'impression qu'une force l'entraînait vers le fond, comme le vertige qui nous prend lorsque l'on se penche au bord d'une falaise et que le vide semble nous appeler. Saisi par une panique brutale, un sentiment d'angoisse d'autant plus violent qu'il était sans cause, Marcel commença à sentir qu'il s'étouffait. Ses mouvements devinrent désordonnés ; il remonta brusquement à la surface, arracha masque et tuba... »

Éditions Points de Vue 2009

ISBN :  9782746612822
15 €




MATRIOCHKA


En fait, mon premier polar.
C'est mon livre le plus complexe, avec beaucoup de personnages. J'ai eu l'ambition de peindre le Var des années 90, au moment où se révèle, de manière plus nette, la collusion entre le monde politique, le milieu et le monde économique. Surtout, à la faveur de la spéculation immobilière. Avec la pénétration de la mafia.
La ville imaginaire de Saintes Mers m'offrait un cadre plus souple. 
La fiction permet de contourner la réalité pour en mieux dégager les lignes de force. La métaphore des « matriochkas » figure les découvertes progressives du tueur mystérieux à qui se révèlent, par étapes des connections, de plus en plus complexes et de plus en plus étroites.
EXTRAIT :
« Je fais ce qu’on ne peut pas faire. Je vais jusqu’au bout. C’est ma dernière satisfaction, connaître à mon tour cette sensation de détenir un véritable pouvoir. Et chaque fois, je fais tomber un mur. Savoir, c’est ça le véritable pouvoir. Et agir en fonction de ce qu’on sait. Les magouilles, les connections entre le milieu, les politiciens et le monde économique. C’est un peu comme les poupées russes, les poupées gigognes. Tu en ouvres une, il y en a une autre à l’intérieur. Puis une autre, et encore une autre. Et quand ils sont pris à la gorge, ils te déballent tout ça. Et tu vois que c’est la corruption qui tient tout. »
Editions Points de Vue
Numéro ISBN : 978-2-35897-073-0
12 €

Ce roman commence à être accueilli, non comme un ouvrage difficile d'accès, mais comme un polar classique, et, sans doute, le plus abouti de mes livres.
C'est un véritable roman noir, sombre par l'intrigue, mais aussi par le constat qu'il suggère sur une situation pipée d'avance. Un roman des années 2000, abordant les mêmes thèmes politiques et y ajoutant ceux du présent, se conclurait vraisemblablement sur une vision tout aussi pessimiste.


DU SANG DANS LE BLUES

Didier Delfino, directeur des Editions TerreS GasteS, m'avait aidé pour la mise en page des mes premiers romans. Diplômé en marketing, mais aussi musicien de rock et de jazz, Didier m'a fait découvrir des groupes et des compositeurs qui ont enrichi ma culture musicale. La lecture de mes livres a éveillé chez lui un désir d'écriture. Sur le thème des pochettes de disque, dont l'évolution coïncide avec la révolution musicale des années soixante. Le moment où les pochettes constituant de véritables livrets, prenaient l'allure d’œuvres d'art inspirées par les tendance de l'époque, psychédélisme et Pop-art. Et cela aussi bien pour les disques de rock que ceux de Jazz, comme pour illustrer la fusion qui s'effectuait alors entre ces deux formes de musique.
Didier a lancé l'idée, m'a proposé d'écrire à deux un polar sur ce thème. Je lui ai suggéré qu'il se mette à écrire de son côté et je lui ai dit que je prendrai le relais. Il a commencé un récit, naturellement à la première personne, largement enrichi par son expérience personnelle, de musicien et de passionné de musique.
De mon côté, j'ai jugé qu'il me fallait prendre le récit, plus neutre, à travers le regard du meurtrier.
Le roman a été terminé, publié. Il a rencontré un franc succès que j'attribue plus aux références musicales, à l'historique, en particulier, des grands concerts de jazz et de rock dans notre région.
L'intrigue policière, même si elle est intéressante et originale, passe un peu au second plan.
Comme c'est, parfois, le cas pour les bons polars, car le lecteur est sensible à un certain style et à un véritable dépaysement, la Catalogne de Montalban, la Sicile de Camilleri, la Suède de Mankell, la Norvège de Nesbo, les Basses Alpes de Magnan...
C'est donc un bon roman auquel j'ai participé. Mais pour l'idée originale, la conception, je considère qu'il est avant tout l'œuvre de Didier Delfino.
EXTRAIT :
« J’abordai le quatrième étage. Le palier, sombre, était à peine éclairé par la fenêtre remplie de poussière du bout du couloir. J’avançais le long de la rampe. Alors, j’entendis un raffut d’un autre monde. Cela venait d’une porte entrouverte.
C’était la porte de Céleste.
J’étais paralysé par la peur d’aller plus avant. Tant pis, j’entrai.
Une silhouette était en train de battre sa victime au sol. Elle fut surprise par mon intrusion. Une silhouette qui me rappelait quelqu’un, quelque chose. Un homme au visage caché sous une cagoule noire s’acharnait à coup de batte de base-ball sur le corps de Céleste. La tête de Céleste était ensanglantée, le liquide rouge se répandait sur le sol. La silhouette se figea.
Les choses défilèrent très vite. J’ai cru que l’homme allait aussi m’agresser. »


Editions Points De Vue 2010
ISBN : 978-2-35897-082-2
10 €


CROISEMENTS

Avec Croisements, j'ai retrouvé la ville imaginaire de Saintes Mers. Mais les références à Matriochka sont réduites. Le cadre de l'intrigue est déplacé. Son schéma tient, ici, beaucoup, à celui du "Cercle rouge" de Melville. Toutefois, mes trois héros ne sont ni des truands, ni des policiers, mais des personnages banals, vivant dans des milieux et des régions différents, la Picardie pour l'un, le Midi, pour les deux autres. Leur point commun, un meurtre commis dans des circonstances que chacun ne maîtrise pas, au départ. Le récit évoque leurs réactions psychologiques, au fur et à mesure que l'intrigue se déroule et qu'elle les amène à se rapprocher peu à peu les uns des autres, inconsciemment, jusqu'à la rencontre finale, ce croisement qui scelle aussi leurs trois destins.

EXTRAIT :
« Touché à l’abdomen, Jacques se plia en deux et tomba.
Le souffle coupé, il réagit un peu instinctivement.
Il agrippa les jambes de l’autre qui poussa un  « Putain ! » étouffé.
Il se dégagea et martela Jacques de coups de pied.
Jacques lâcha ses jambes et se protégea le visage en pliant ses bras. Et il se tourna. Alors, il empoigna difficilement un manche de bois. Le liché. Il parvint à le soulever. Il voulut repousser son agresseur en tenant l’outil en avant » 

Éd. TerreS GasteS, 2011.
ISBN, 9782358971102
10 €



LOIN DE VIGATA


Ce roman est à la fois inspiré par mon admiration pour Andrea Camilleri et un voyage en Sicile en 2009.
L'intrigue suit assez largement l'itinéraire de ce voyage, tout au moins pour la première partie. Toutefois, si le livre est conçu comme un hommage à la Sicile et au père de Montalbano, il n'est certainement pas une imitation de l'auteur sicilien.
Le titre "Loin de Vigata" rend compte de cette distance respectueuse par rapport à l'œuvre de Camilleri.
EXTRAIT :
« Ils arrivèrent enfin sur l’autoroute qui longeait le bord de mer. A un moment ils passèrent entre deux sortes de colonnes qui bordaient l’autoroute.
– Tu vois, c’est ici que le juge est mort. Ils ont fait sauter la route au moment où les voitures passaient.
– Les grands moyens. Mais un juge …
– La plupart du temps ce sont des personnes de peu d’envergure qu’ils éliminent, règlement de compte, mise au pas de ceux qui refusent le racket, u pizzu, pour faire un exemple. Mais pour le juge, et les personnages importants, ils interviennent lorsque les failles du système le permettent.
– Les failles ?
– Quand ils comprennent que le type important s’est isolé. Mais là, comme je t’ai dit, ça a provoqué une réaction dans toute la Sicile. Et il y a eu les repentis …
– Et maintenant ?
– Maintenant, la discrétion. Des hommes d’affaires, des intérêts un peu partout. Là où il y a de l’argent, des investissements à placer. Même dans le monde de la mode. »

Editions Terres Gastes
Numéro ISBN : 978-2-35897-156-0
09 €




OUT OF THE BLUE


Dans la plupart de mes livres, à l'exception de la Cité et de Matriochka, je commence chaque chapitre par une citation de chanson en épigraphe. Dans une des postfaces de mes livres, j'explique cette habitude que j'ai prise. Il m'est venu, ensuite, une idée : pourquoi ne pas construire tout un livre autour d'un hommage rendu à un seul musicien et à ses chansons ?
J'ai pensé assez vite à Neil Young, au moment où on découvrait bon nombre d'enregistrements acoustiques et des « Archives » qui révélaient l'évolution et l'originalité de son travail.
J'avais, par ailleurs, le policier Léonetti qui intervenait dans le Livre Perdu et l'Aube Dorée où se révélait sa passion pour le musicien canadien.
J'ai donc choisi un certain nombre de textes, parmi les plus connus et les plus familiers à un lecteur passionné de musique.
Quant au cadre des intrigues, il s'est imposé naturellement, la Méditerranée, celle que je connais, Sud-Est, Corse, Sicile, Grèce, Espagne.
Le lecteur féru d'intrigues policières, comme le passionné de rock, y trouvent leur compte.
Et si le lecteur est en même temps attiré par le polar et par les chansons du « loner », il lira en écoutant  "Cinnamon Girl", Down by the river", Old Man"…
EXTRAIT :
« Un bruit léger le fit sursauter. De son lit, il scruta l’obscurité.
– Quelqu’un ?
Le silence.
Et puis, lentement, la porte de la chambre s’ouvrit.
Simon distingua une silhouette.
Il ouvrit grand les yeux, prêt à crier. Mais avec l’obscurité profonde et ses yeux fatigués, une sorte de brume flottait entre le visiteur et lui.
L’homme se rapprocha du lit.
Le vieil homme fixa l’ombre menaçante qui avançait, prêt à crier.
Et soudain, il le reconnut.
Mehmet Inoglou. L’officier qui avait entraîné son père et sa mère. Les coups et les injures hurlées. Au milieu des larmes et des cris des prisonniers. Le sang qui coulait. Tout ce sang …
Dans sa main, une longue lame brillait. »

Editions TerreS GasteS 2011
Numéro ISBN : 978-2-35897-161-4
10 €

La mention de ce livre sur les sites consacrés à Neil Young a renforcé son succès auprès des lecteurs, plus particulièrement les passionnés de bonne musique.

Nouvelle version, mars 2018, remaniée et enrichie de trois autres textes.

Cette version connaît un réel succès non seulement chez les nouveaux lecteurs mais aussi auprès de ceux qui souhaitaient découvrir le début du cycle Leonetti.




ANTOINE

Parution : janvier 2013.
Mon premier roman classique. Les tribulations sentimentales de trois copains trentenaires dans le Sud-Est des années 90.
Ce livre surprendra ceux qui se sont habitués à me voir naviguer essentiellement dans le roman noir et les intrigues policières, voire dans les fantasmagories du fantastique et de l'épouvante. Mais s’ils sont suffisamment curieux, ils retrouveront un certain nombre d’éléments disséminés dans mes précédents écrits, en particulier les réminiscences cinématographiques, l'influence de l'univers de François Truffaut. Mais aussi, la Méditerranée, berceau de nos cultures à la fois diverses et voisines.
Extrait :
« Antoine reste un moment à regarder les Deux Frères. Au large, les rochers se détachent bien dans la clarté du jour qui décline. Une pointe du cap Sicié semble descendre vers eux, sur laquelle on distingue deux pins parasols en ombres chinoises. »


Numéro ISBN : 978-2-35897-289-5
15 
J'avoue que je nourrissais un peu d'inquiétude avec "Antoine". Comment allait-il être accueilli par les lecteurs habitués à mes polars ? Cinq mois après sa sortie, me voilà rassuré. Non seulement je touche un nouveau lectorat, peu sensible à la littérature "policière", mais les lecteurs fidèles semblent apprécier cette vision sentimentale de la Provence et de la Méditerranée, où ils retrouvent, me disent-ils, mon style particulier et ma manière de choisir mes personnages.

SOLEIL DE NUIT

En avril 2013, j'ai publié mon 8e polar « SOLEIL DE NUIT ».
L'intrigue débute dans le Midi et se poursuit dans le nord de l'Europe, et prend fin en Norvège.
Le titre « Soleil de nuit » est directement associé au phénomène spectaculaire que l'on va observer, en Été, au Cap Nord.
Comme « Loin de Vigata » est le fruit de mes lectures et de mon voyage en Sicile, « Soleil de nuit » s'est enrichi par trois séjours dans le pays des fjords et la découverte des auteurs scandinaves.


Poursuivi par des tueurs à la suite d’un hold-up dont il est témoin, Xavier Maes s’enfuit du Midi de la France vers le nord de l'Europe, afin d échapper à la mort.
Un itinéraire qui croise celui d'un tueur en série.
Et l'arrivée dans la Norvège de juillet 2011.
Extrait :
En abordant le petit bois, il vit le phare dans son rétroviseur et ralentit, machinalement, pour laisser passer le « deux roues ».
La moto le doubla. Dans la clarté de ses phares, il découvrit alors qu'il y avait deux hommes casqués.
En même temps, il vit le second se tourner vers lui en pointant une arme.

    Les premiers retours qui me parviennent des lecteurs de ce dernier 8e polar me montrent que la plupart, au delà de l'intrigue et de la variation assez classique sur le thème de la culpabilité, ont perçu une réflexion sur le devenir de l'Europe, entre pessimisme raisonné et optimisme mesuré. 
Quant à l'évocation de la Norvège, ceux qui me suivent depuis quelques livres apprécient ce côté road movie dans lequel je me plais à les entraîner depuis "Le livre perdu".




Numéro ISBN : 978-2-35897-323-6
Prix : 10 


LES FANTOMES DE DETROIT


Sortie le 20 février 2014 du recueil "Les fantômes de Detroit" écrit en collaboration avec Didier Delfino. Contrairement à "Du sang dans le blues", cette fois, c'est moi qui assume la plus grosse part de ce livre. Un hommage à la Tamla Motown, aux chansons des Four TopsDiana Ross, les TemptationsMarvin Gaye, Stevie Wonder (...), comme "Out of the blue" le fut pour les compositions de Neil Young.



« Dans la rue, on dut le prendre pour un fou. Mais n'était-ce pas vers la démence qu'il glissait peu à peu ? Il lui revenait à l'esprit une phrase de Nietzsche.
A peu près ceci :
« Si tu plonges longtemps ton regard dans l'abîme, l'abîme te regarde aussi. »
Mais dans quel abîme avait-il regardé ? »


1 - Ain't No Mountain High Enough ; 2 - Reach Out  ;  3 - Don't Worry About A Thing ;  
4 - Destination Anywhere ;   5 - I Wish  ; 6- Standing In The Shadows Of Love ;                       
7 - Cloud Nine ; 8 - The Tears Of A Clown   ;  9 - War  ; 10 - Remember Me ;     
11 - Just My Imagination ;  12 - How Sweet It Is  ;  13 - Ball Of Confusion ;   
14 - Tamla Motown ;   
15 - What's Goin' On  ; 16 - Papa Was A Rolling Stone ;  17 - Superstition            
18 - First I Look At The Purse ; 19 Motown et moi

ISBN : 978-2-35897-376-2
Prix : 10 €

LE GROUPE
Mon 9e polar, sorti en mai 2014. Dans l'intrigue, interviennent Leonetti de Toulon et Georgiadis de Kos. En effet, j'ai décidé de répondre à l'attente des lecteurs qui me demandaient de leur offrir de nouvelles enquêtes du commandant de police corso-piémontais. Et le récit nous fera retourner en Grèce, en passant, singulièrement, par Vienne, Budapest, Bruxelles et Ste Anne d'Evenos, Toulon et Porquerolles. De plus, j'ai fixé, dans ce récit, des liens avec des livres précédents, comme "Out of the blue" et "Loin de Vigata", comme je l'ai fait pour "Matriochka" et "Croisements" qui ont tous deux pour cadre la ville imaginaire de Saintes-Mers. Mais aussi "Le livre perdu" et "L'aube dorée".
Ainsi, après le cycle "Saintes-Mers et le cycle "Padano", le cycle Léonetti commence à prendre forme.


« Au moment où elle sentait poindre un sentiment de déception, elle aperçut, soulagée, une silhouette qui lui fit signe d’approcher. Un homme qui se protégeait de la pluie avec un chapeau bob en toile et un imperméable.
Elle s’avança sous le couvert de l’arbre.
L’homme disparut.
Etonnée et un peu inquiète, elle ne perçut pas la présence derrière elle. »  

 Un meurtre à Vienne, une tuerie dans la campagne varoise.
Du gauchisme des « années de plomb », à l’époque actuelle. Du Var à la mer Egée, en passant par Bruxelles, Vienne et Budapest. Une aventure où on retrouve le commandant Léonetti et le commissaire grec Georgiadis.
ISBN : 9 782 358 97 3908
Prix : 10 €


 "Le feu et la pluie".

ISBN : 978-2-918413-76-9   Prix : 18 €
 Inspiré par la chanson de James Taylor, chanson mélancolique qui m'avait fait découvrir ce californien, pote de Neil Young, au cours de mes années de fac.
L'action se déploie entre le Faron, le Cap Brun et le Var, l'Ecosse et l'Irlande.
J'y poursuis ma modeste réflexion sur l'évolution de l'Europe dans une intrigue où s'accentue le caractère onirique, sans doute associé aux brumes des îles britanniques et à nos orages provençaux.

Ce livre est sorti aux Editions Sudarenes de Hyères.



En 2016
  1. LE PETIT BAL PERDU


Le corps d’une femme dans le coffre d’une voiture calcinée près d’une plage isolée de Saint-Mandrier. La disparition d’une étudiante, puis celle d’un médecin à Toulon. La disparition d’un journaliste suédois dans les Balkans. Deux femmes mystérieuses.

Et le commandant Leonetti confronté au danger.

J'avais rendu hommage à Camilleri dans "Loin de Vigata". Or dans « Le petit bal perdu », j'ai imaginé un personnage en partie inspiré d'un héros de cet auteur scandinave, ou plutôt suédois, à qui je voue aussi une grande admiration, comme à l'Islandais Arnaldur Indridason ou au Norvégien Jo Nesbø.
Or, Mankell écrivait :
"Je suis venu au monde pour raconter des histoires. Je mourrai le jour où je ne pourrai plus le faire. La vie et l'écriture ne font qu'un."
Et j'avais composé la moitié de mon récit, lorsque nous avons  appris la disparition d’Henning Mankell.
Ces dernières années, c’est l’œuvre de Larsson qui a retenu l’attention des lecteurs. Mais j’avoue avoir préféré assez vite Mankell. D'entrée, il m'a paru plus attachant. Par sa vie, d'abord, entre la Suède et le Mozambique. Et puis, la diversité de son œuvre. Le polar avec son inspecteur Wallander, humain et taciturne, et d’autres romans, plus classiques, comme « Profondeurs » et « Les chaussures italiennes ». Si l'on ajoute les écrits destinés à la jeunesse, on découvre que Mankell nous offre une œuvre large et variée.
Pour nous méditerranéens, les livres de ces auteurs des contrées proches du cercle polaire nous entraînent à la découverte d’un monde autre, avec un climat et des modes de vie surprenants, et, parfois, déroutants. Mais un ensemble fascinant et stimulant, parce que le côté exotique est, en fait, superficiel et sert de viatique vers la traversée en direction d’un univers d’une richesse étonnante.
Dans ces paysages presque polaires, je m’étais déjà risqué à entraîner le lecteur à travers les tribulations du héros de « Soleil de nuit ».
Puisque, dans mes livres, on me le répète souvent, on voyage pas mal.
Ici, je fais allègrement passer le lecteur de la Suède au Kosovo, avant de le ramener dans notre Sud-Est. Ces changements de lieux, pour moi, ne sont pas seulement le moyen d’organiser une intrigue complexe à la faveur d’un arrière-plan diversifié, ils m’offrent aussi l’opportunité de poursuivre une réflexion personnelle sur l’évolution de notre continent que je m’obstine à considérer comme un territoire avec une histoire, une culture et des traditions, et pas un espace aux contours flous.
En effet, le lecteur retrouvera, alors, le périple habituel dans notre Europe ballottée par le contrecoup des perturbations et des inquiétudes qui marquent le monde d’aujourd’hui.
Enfin, il y a l’habituelle part musicale, le titre et la chanson interprétée par Bourvil, le point de départ de ma construction imaginaire. Une chanson populaire sur un bal populaire, un air doucement sentimental et mélancolique. En restituant son prénom « André » à l’acteur, Melville l’avait dégagé des limites d’une époque où on ne désignait les acteurs que par leur nom ou leur prénom, il a voulu rendre hommage à l’homme complet, pas seulement l’acteur spécialisé dans les rôles comiques, mais l’individu plus complexe, à la fois grand interprète et personnalité fine et sympathique.
Bourvil, Melville …
Et voilà que, dans le même temps, ce « Petit bal perdu » me ramène une fois de plus à l’univers truffaldien où bon nombre de films sont bercés par le leitmotiv d’un vieil air populaire.
Décidément, avec moi, on n’en sort pas.


STAVROS

En Grèce de 1922 à 1974, la vie d'un réfugié d'Asie Mineure au milieu de l'histoire tourmentée du XXe siècle : la dictature de Métaxas, la guerre à la frontière de l'Albanie, la Résistance, la guerre civile et les années difficiles qui préparent le coup de force de l'armée et, enfin, le retour à la démocratie.

ISBN : 978 -2-3597-610-7        15 €        416 pages




Je travaille toujours sur un ensemble de récits de voyage à travers les quelques régions de Grèce que je connais. Le Dodécanèse, bien sûr, avec Kos, Rhodes, Patmos, Nissyros, Kalymnos, Simi, mais aussi, Santorin, Le Pirée, Athènes, Delphes, Trikala et les Météores...
Je viens de sortir une réédition du recueil "Out Of The Blue", enrichi de 3 nouveaux textes et ce, à la demande lecteurs qui souhaitent acquérir le cycle complet de "Leonetti". Les nouveaux récits :
"Harvest Moon", avec comme cadre Toulon.
"Old Laughing Lady" , le Piémont de Chiusa Pesio à Torino.
"The Painter", la Corse.

Le prochain polar "Page 43", nouvelle aventure de Leonetti, devrait être publié d'ici fin 2018.

Livres disponibles à Charlemagne La Seyne, Charlemagne La Valette, Leclerc Le Luc, Leclerc Cogolin, Leclerc Brignoles, Hyper U Les Arcs, U Culture Saint-Maximin, maison de la presse au Lavandou, Librairie "Mille paresses" au Pradet.
Ou par commande : klean.oiko@aliceadsl.fr
Par commande également :
CHARLEMAGNE Collectivités Librairie
ZAC Les Espaluns   Impasse Lavoisier
83160 LA VALETTE Du VAR
04 94 93 62 88

mardi 19 septembre 2017

PAGE 43

J'arrive au terme de mon 16 e livre, un polar, le 11 e, une nouvelle enquête de Leonetti.
L'intrigue a pour cadre le Var, bien entendu, avec Toulon, La Seyne, Gonfaron, Brignoles et Camps.
Mais comme j'incline naturellement par mes origines à sortir des limites régionales, le lecteur voyagera aussi dans le sud-ouest, l'Afrique, le Groenland et la Lettonie.
Le livre sortira en décembre ou au début de l'année prochaine.
Il y sera question d'un violeur en série, d'un mort dans une voiture sur le parking de la plage du Mourillon, de la disparition d'un curé d'une paroisse de Toulon. 
Quant au titre, il est inspiré par une chanson de l'album "Crosby and Nash".

dimanche 20 août 2017

Polar et gastronomie


Parmi les remarques que l’ont me fait, il en est une qui n’est pas dépourvue d’humour :
« On mange souvent dans vos livres. »
Et je réponds invariablement, « comme chez Camilleri » qui s’inscrit là aussi dans le sillage de Javier Montalban, mais aussi « comme chez Petros Markaris et Yasmina Khadra ».
Alors que dans les polars du nord, on ne mange pas, on se nourrit, et on boit beaucoup, surtout de l’alcool.
A mon sens, la gastronomie, c’est là l’élément premier qui distingue le polar méditerranéen de son cousin nordique. En Scandinavie, on sert le saumon de différentes façons et le ragoût de renne accompagné de crème fraîche et d’airelles est assez savoureux. Or, on évoque rarement ces plats chez Mankell, Nesbø et quelques autres. On voit, alors, le roman nous proposer, d’un côté, une cuisine avec des produits variés, une certaine richesse de couleurs et de parfums et, de l’autre, une alimentation dont les contraintes climatiques réduisent considérablement la variété mais aussi une alimentation qui souffre du peu d’intérêt manifesté par l’auteur lui-même pour ce sujet.
   On a un peu l’impression qu’au nord d’une certaine latitude, l’on se cale sur le polar US où le héros se délecte uniquement d’un steak épais arrosé d’un café « americano » insipide pour terminer invariablement sur un ou deux verres de Whiskey ou de Bourbon. Et tout est dit. Car on se fixe sur une convention, l'image emblématique du détective dans le polar américain
   Sauf si l’intrigue fait entrer le lecteur dans une trattoria de New-York, un établissement latino de L. A. ou Miami, ou dans les parfums épicés d’un restaurant black de New-Orleans.
   Si, dans le récit, la gastronomie est une pièce de l’arrière-plan qui décrit significativement, un pays, une culture, un mode de vie, je soupçonne que, pour les auteurs méditerranéens, cela va au-delà. Peut-être parce que, modestement, j’en fais moi-même l’expérience.
Ainsi, il suffit qu’un lecteur, souvent avide de conseils pour ses propres compositions, me demande comment je construis mes intrigues pour que je lui fasse une réponse qui le déconcerte totalement :
« Comme je fais la cuisine. »
   Et j’explique. 
   J’ai, dès le départ, une certaine idée du canevas, même si je sais que les péripéties vont se modifier au fur et mesure que le texte écrit se substitue à ce qui n’était que pure imagination, qu’images disparates dans les limbes du cerveau. Au départ, le récit a, au mieux, la forme d’un synopsis. Plus précisément, il ressemble à un squelette que je vais progressivement nourrir, à qui je vais apporter la chair qui lui donnera toute sa consistance. Je mets en place tous les éléments dont je dispose, photos et souvenirs de voyage, lectures, infos… Comme si, avant de cuisiner, j’allais jeter un œil dans le placard de la cuisine, le frigidaire et le congélateur pour voir tout ce dont je dispose pour élaborer un plat.
   Dans le cadre du polar, l’intrigue, l’organisation du récit, les péripéties, tout cela constitue une histoire qui se lit mais qui manque de vie et d’âme, parce que cela apparaît comme un simple constat. Il faut ajouter des éléments qui vont rendre le récit attractif, lui donner vie et vigueur. Accorder ainsi une plus grande importance à l’arrière-plan. En évitant toutefois ces descriptions longues, sans grand intérêt qui plombent certaines productions américaines d'aujourd’hui où l’on pense que l’épaisseur du livre est un signe de qualité. L’arrière-plan doit s’intégrer au récit de manière indispensable pour lui apporter plus de couleur, plus de vie. Et souvent, il présente plus d’intérêt que le récit lui-même. Le lecteur découvre une histoire, mais en même temps, il effectue un voyage dans un lieu, une région, un pays qui ne lui sont pas totalement familiers, au milieu d’hommes et de femmes dont le mode de vie est différent du sien. En un mot, on peut se contenter de raconter une histoire ou d’aller plus avant et inscrire l’histoire dans un cadre particulier. Comme en cuisine où l’on peut se satisfaire de cuisiner un plat traditionnel ou le revisiter avec des éléments différents, le petit salé aux lentilles au parfum rehaussé par le massala réunionnais, ou l’anchoïade rendue plus onctueuse avec l’ajout d’un avocat. On sort ainsi de la banalité, on transfigure un plat, tout comme on ne suit pas simplement une enquête de Montalbano, mais on voyage en Sicile.
   Du reste les métaphores culinaires souvent employées pour évoquer le travail d’écriture, comme « concocter un récit » ou "mitonner une intrigue" montrent bien que consciemment ou non on a établi ce lien.